mardi 21 juillet 2015

35 ans après, l'épisode pilote d'Ulysse 31 enfin retrouvé en français

En 2007, cette ébauche de premier épisode apparaissait sur Internet doublée en japonais. Enfin retrouvée, sa version française d'origine permet de voir Ulysse 31 tel qu'il a failli arriver sur nos écrans à l'automne 1980.

(Premier extrait)


Ulysse 31 est un cas à part dans l'histoire du dessin animé français : une série conçue et écrite par des scénaristes français (Jean Chalopin et Nina Wolmark), créée graphiquement par des dessinateurs français (François Allot, Philippe Adamov et Bernard Deyriès), puis adaptée par des graphistes japonais et animée au Japon sous la direction conjointe de réalisateurs français et japonais.

Dans cette coproduction, le savoir-faire japonais a servi les ambitions d'un scénario aux résonnances universelles, inspiré d'Homère et de la mythologie grecque. Pourtant, le chemin avait été long, de l'ébauche du projet, porté par la DIC, petite société de production tourangelle devenue multinationale, jusqu'à sa mise en production avec le studio japonais TMS. De grandes tensions entre les équipes françaises et japonaises, et peut-être à un degré comparable, de grandes tensions au sein même de l'équipe française, ont parfois menacé le projet de ne jamais arriver à bon port.

Légendes

En 1980, le réalisateur français René Borg est aux commandes du premier épisode de la série, en tandem avec le réalisateur japonais Shigetsugu Yoshida. La tension est considérable. Borg est habitué aux productions expérimentales ou artisanales, et tient en horreur l'animation industrielle. Il veut imposer à l'animation Ulysse 31 des exigences techniques qui dépassent les standards de la production télévisée japonaise. De son côté, le personnel du studio japonais TMS a sa manière de travailler, et ne peut se plier, à coût égal, aux exigences d'un Français par ailleurs guère diplomate et à la parole peu amène quand il évoque l'animation à la japonaise. De surcroît, pour la DIC, la société de production française, les délais sont courts : il faut absolument présenter un premier épisode complet à Cannes, au Marché international des programmes de télévision (MIP-TV), en avril 1980, pour vendre la série aux diffuseurs du monde entier. Si l'on ajoute à cela l'éloignement géographique, on peut accorder quelque crédit à la légende qui veut que Jean Chalopin (scénariste et producteur) et Gilbert Wolmark (directeur commercial, époux de la coscénariste Nina Wolmark) découvrent cet épisode à Cannes, peu avant qu'il soit projeté, et tombent des nues.

L'Odysseus de 1980, dit « le pneu »

L'épisode est faible dramatiquement, peu conforme graphiquement à l'idée qu'ils s'en faisaient, et beaucoup d'idées ne fonctionnent pas une fois animées. Le vaisseau d'Ulysse, en particulier, est une catastrophe. Immédiatement, la décision est prise : cet épisode ne peut pas être montré aux professionnels. Il ne peut pas être conservé en l'état. Il faut tout refaire, il faut s'en donner le temps. C'est raté pour le MIP de 1980, cela donne une année complète pour corriger le tir.

Une autre légende veut que René Borg, sous prétexte que cet épisode contenait un plan (un seul plan !) qui n'était pas animé selon ses critères de qualité, annonce, à peu près au même moment, qu'il jette l'éponge. Jean Chalopin fait tout pour le convaincre de rester, mais René Borg n'est pas homme à revenir sur une décision, même prise sous le coup de la colère ; il restera donc dans l'équipe avec la fonction honorifique de « conseiller artistique ».

D'aucuns chuchotent que cette légende est celle que Borg s'est bâtie et que la réalité est sans doute moins romantique : le refus d'exploiter « son » épisode sonne pour lui comme un désaveu et il n'a pas d'autre choix que de se retirer. Mais Borg est, aussi, celui qui a conçu l'idée (brillante) de Nono le petit robot, et qui a dessiné le personnage. Ulysse a besoin de Nono. La production a encore besoin de René Borg. C'est peut-être la première raison pour laquelle, malgré le fiasco du printemps 1980, l'homme conserve un poste et verra son nom au générique de la série.

Nono et Ulysse

La suite, elle, est mieux connue : le tout jeune Bernard Deyriès, adoubé par ses pairs de la TMS, prend la direction de la réalisation, et se met au travail avec l'équipe japonaise. Le design de la plupart des personnages est revu, notamment par le directeur de l'animation Shingo Araki, et les 26 épisodes de la série sont animés à la japonaise. Le résultat arrive donc sur le petit écran français à l'automne 1981, avec un an de retard, et connaît un succès sans précédent. Ulysse 31, maintes fois rediffusé au cours des décennies suivantes, s'impose comme un classique. À la fin des années quatre-vingt-dix, l'explosion du marché vidéo des séries animées permet à Ulysse de connaître quatre intégrales successives, d'abord en VHS (1999), puis en DVD (2002, 2005, 2007), pour un succès commercial qui ne se dément pas.

L'une des jaquettes fantaisistes de 2007
(cliquer pour agrandir)

Récupération

Entre temps, la vague du dessin animé japonais et celle du manga ont déferlé sur le public français et la génération des premiers spectateurs d'Ulysse 31, trentenaires et jeunes quadras, a procédé à une paradoxale récupération de leur série comme objet japonais, forcément japonais : oubliés Allot et Adamov, ce sont Shingo Araki et Michi Himeno qui concentrent l'admiration des fans. On ne prête qu'aux riches : Araki, directeur de l'animation d'Ulysse 31, a dessiné et animé Goldorak et Les Chevaliers du Zodiaque, objets de culte pour le public français. Pourtant, il suffit de voir certaines esquisses de décors ou de personnages signées d'Allot et d'Adamov pour constater à quel point elles sont proches de ce que l'on voit à l'écran dans la série terminée.

Par contamination, cette amnésie touche même les jaquettes des DVD français de 2007, où des crédits quasi révisionnistes entérinent cette vision japanophile, niant l'évidence consignée pourtant dans les titres du générique de fin ; cerise empoisonnée sur ce gâteau, le nom de Nina Wolmark disparaît totalement, au profit du nom de Chalopin, crédité comme seul créateur et auteur de la « structure scénaristique », ce qui suggère que même le scénario, au fond, n'est pas le fait d'auteurs français. (La mention de René Borg au titre de « conseillé artistique » suggère toutefois que ces jaquettes ont été réalisées à la va-vite et que leur contenu n'a pas été vérifié.)

2005, 2007 : on reparle du pilote

Le premier épisode rejeté de 1980, lui, a sombré dans l'oubli. Le grand public ignore son existence. En 2005, lorsque la série connaît les honneurs d'une édition DVD « premium », pas exempte de défauts mais bénéficiant d'une présentation luxueuse, les livrets évoquent cet épisode comme le pilote de la série et en offrent même quelques images. Mais l'éditeur se trompe : une partie des images reproduites sont des images promotionnelles antérieures à la réalisation du premier épisode d'avril 80 ; ce sont des études sur cellulos, magnifiques, mais pas des photogrammes. Le mélange des photogrammes authentiquement tirés du pilote et de ces dessins préparatoires donne une idée fausse de cet épisode disparu et l'embellit plutôt : les superbes images spatiales réalisées par Manchu sont très éloignées des vaisseaux plutôt tristes qui ont réellement été animés à l'écran.

En avril 2007, un Japonais dépose, sur une plate-forme de partage, la numérisation d'une VHS très abîmée : celle du premier épisode abandonné de 1980. La vidéo est ravagée par le temps, les dialogues sont en japonais non sous-titré… la chose aurait pu passer totalement inaperçue. Mais Ulysse 31 a ses fans, et très vite, cet épisode que l'on s'accorde à appeler « pilote » fait le tour des sites d'hébergement de vidéos. À l'été 2015, on en compte une quinzaine d'avatars sur Youtube et Dailymotion, parfois d'un seul tenant, le plus souvent scindé en deux ou trois parties ; le tout dépasse les 95 000 vues. Pas mal, pour un film vieux de trente ans et qui a été jugé commercialement inexploitable.


En France, ce petit film est reçu avec curiosité et intérêt, mais il n'est que très peu chroniqué et commenté. Détail décevant, en huit années, il semblerait qu'aucune communauté de fans n'ait pris le temps de créer une version sous-titrée en français ; la portée de cet épisode en est évidemment réduite.

Par ailleurs, la question de l'existence même d'une version française pour cet épisode se pose. Dans leur ouvrage de référence consacré aux productions de la DIC (Les Séries de notre enfance, Pollux, 2012), Maroin Eluasti et Nordine Zemrak indiquent que Jean Chalopin n'a pas conservé de copie de ce pilote, mais ne donnent guère de précision sur la langue dans laquelle il a été écrit et doublé. Sur l'indispensable Planète jeunesse, la fiche consacrée à Ulysse 31 évoque l'hypothèse d'une version française, sans toutefois la valider.

Le cyclopeLe chef des moines prend Noumaïos en otage

Depuis son apparition sur le web en 2007, inévitablement, l'absence de dialogues français renforce donc le sentiment que ce pilote est le brouillon japonais d'une série franco-japonaise et empêche de le prendre pour ce qu'il est : le premier épisode que les spectateurs français ont failli voir à l'automne 1980.

La VF retrouvée

Aujourd'hui, grâce à un professionnel de l'animation qui en a conservé une copie VHS, je confirme ici-même que cet épisode français a existé et existe encore.

La copie numérique que j'ai à ma disposition est abîmée, autant que la copie japonaise de 2007, et légèrement incomplète car une vingtaine de secondes de dialogue sont effacées. Mais il s'agit d'un document de grande valeur, qui révèle une étape passionnante dans la genèse de ce classique du dessin animé. Détail inattendu, le montage de ce pilote français est très légèrement différent du pilote japonais, la première apparition du « pneu » ayant été judicieusement coupée.

Grâce à cette copie, grâce aux dialogues français qui permettent enfin d'entrer dans le récit, il est possible de mesurer vraiment combien celui-ci, dans son premier tiers, diffère de ce qu'il sera dans l'épisode définitif. Plusieurs petites séquences disparaîtront totalement. Et pour la toute première fois, il est possible d'entendre l'Ulysse de 1980 s'adresser à son équipage avec la voix… du capitaine Flam.

(Deuxième extrait)


Ulysse parle avec la voix du capitaine Flam

Ici même, dans un prochain billet, je proposerai une comparaison détaillée du premier épisode d'Ulysse 31 à son brouillon de 1980. Voici, dès aujourd'hui, quelques éléments que j'ai jugés particulièrement saillants.

– Le personnage d'Ulysse
Présenté comme mi-homme, mi-machine, Ulysse fusionne avec une boule d'énergie, « 31 », qui lui permet de se régénérer et de dépasser ses facultés humaines en devenant « Ulysse 31 ». Cet élément, fondamental dans la série première manière, a été totalement éliminé ensuite.
En outre, Ulysse présente en plusieurs occasions une personnalité moins lisse qu'en 1981 : visage tordu par la colère dans certains plans, massacre des moines-cyclopes par le fil de l'épée à un autre moment. Ces aspérités, derniers vestiges de l'Ulysse guerrier dépeint par Homère, ne seront pas conservées.

Colère, rage, fureur sur le visage d'Ulysse

– Les voix des personnages
Le doublage de 1980 est très éloigné du doublage définitif, même si certaines voix resteront (en particulier Jean Topart dans le rôle de Zeus). En 1980, c'est le très reconnaissable Philippe Ogouz qui incarne Ulysse. Ulysse parle avec la voix française de capitaine Flam !
Les enfants (Télémaque et Thémis) sont incarnés par des comédiens manifestement très jeunes et peu expérimentés, sans doute des amateurs.

– La musique
Non seulement la bande sonore de ce pilote est absolument différente de la série (dont les musiques ont été enregistrées début 1981), mais encore est-elle radicalement différente, également, du pilote japonais. Pourquoi ? mystère… Nous y reviendrons.

– Les effets spéciaux
L'ambition initiale de la DIC était d'intégrer à Ulysse 31 des images de synthèse et, en particulier, d'animer le vaisseau du héros par ordinateur. Sur ce point, le résultat fut une déception et l'apparente bonne idée de départ, un vaisseau en forme de « tore » et tournant sur lui-même, s'est transformé en une chose que l'équipe a immédiatement appelée, par dérision, le « pneu ». Très certainement, c'est l'un des principaux éléments qui ont conduit à la décision du MIP de reprendre cet épisode à zéro.

Diffusion

Aujourd'hui, je plaide pour la restauration et l'exploitation de ce pilote. Esthétiquement, techniquement, narrativement, cet épisode est passionnant. Il change de manière radicale le regard que l'on porte sur l'ensemble de la série Ulysse 31 et, à ce titre, s'inscrit de manière incontestable dans le patrimoine mondial du dessin animé.

(Troisième extrait)


J'ai pu lire ici et là que René Borg avait farouchement gardé ce film dans ses archives pour s'assurer qu'il ne « sorte » pas. C'est possible. Depuis la disparition de René Borg, en 2014, peut-être la question mérite-t-elle d'être posée de nouveau. Je l'ai posée, il y a peu, à Nina Wolmark, qui a exprimé beaucoup de réticences : pour un créateur, montrer ses brouillons a quelque chose d'incongru, et cet épisode est un brouillon. Il faudrait poser la même question à Jean Chalopin, avec le risque d'une réponse similaire.

Toutefois, puisqu'il a traversé le temps jusqu'à nous, notre premier devoir, avant d'envisager de le montrer, c'est de le conserver, de le sauvegarder. Ce pilote, qui a été photographié en 35 mm, existe quelque part sous forme de pellicule. Les négatifs, sans doute, sont au Japon. Des positifs 35 mm, sans doute, sont conservés par un laboratoire français (sauf à considérer que le montage son-image de la version française ait été fait au Japon, ce qui est improbable). Il reste à localiser ces bobines, à les numériser. Il sera bien temps, ensuite, de discuter, de décider.

Pour ne forcer la main de personne, j'ai choisi de ne pas « partager » (comme disent pudiquement les pirates) de copie intégrale de cet épisode. L'essentiel est qu'il existe, plus personne ne peut en douter, j'en atteste ici avec trois courts extraits qui convaincront les incrédules. Le reste est question de volonté. C'est tout pour aujourd'hui !

© Hervé Lesage de La Haye, 2015.


Fiche technique

ULYSSES 31
[Ulysse 31, épisode pilote]
Durée : 23'43
Idée originaleNina WOLMARK
Jean CHALOPIN
AnimationNobuo TOMIZAWA
Tsukasa TANNAI
DécorsNizo YAMAMOTO
Banc-titreHirokata TAKAHASHI
BruitagesYozo KATAOKA
MontageMasatosi TURUBUCHI
Assistants réalisateursPierre JODON
Michel BOULÉ
Animation sur ordinateurGilbert COMPARETTI
sur les calculateurs du C.I.S.I. France
COMPUTER IMAGE DENVER (USA)
René STEICHEN
RTL Production (Luxembourg)
Produit parYutaka FUJIOKA
et
Jean CHALOPIN
RéalisationRené BORG
Shigetsuru YOSHIDA
© DIC - TMS 1980

VOIX
UlyssePhilippe OGOUZ
TélémaqueMorvan SALEZ
NonoAndré CHAUMEAU
NestorFrançois CHAUMETTE
Chef des moinesMichel VOCORET
NoumaïosGilles LAURENT
Médecin de bordGérard HERNANDEZ
PoséidonGeorges AMINEL
ZeusJean TOPART
(restent à identifier)
Narrateur?
Shyrka?
Euryclée?
Thémis?

 
  Sources principales :
— Maroin Eluasti et Nordine Zemrak, Les Séries de notre enfance, Pollux, 2012.
— « Ulysse 31, la genèse d'une série culte », in Ulysse 31, édition premium, 2 coffrets de 5 DVD, IDP Home Video Music, 2005.
— Une analyse du pilote, à partir de sa version japonaise, le comparant à l’épisode 1 définitif :
http://fr.aeriesguard.com/Ulysse-31-l-episode-pilote
— Annonce de la mise en ligne du pilote japonais en 2007 :
http://www.catsuka.com/news/2007-04-29/web-pilote-d-ulysse-31
— Fiche du pilote sur AnimeBase (contient erreurs & imprécisions)
http://www.animeland.com/animebase/anime/voir/2100/Ulysse-31-pilote
— Fiche de la série sur Planète jeunesse (mentionne le pilote et la possibilité d’une version française) :
http://www.planete-jeunesse.com/fiche-30-ulysse-31.html

Merci à Arachnée et à David pour leur aide dans l’identification des comédiens de doublage.






mercredi 22 avril 2015

À Grenoble, les Mondes engloutis

Dans le cadre du colloque Imaginaire sériel, qui se tiendra à Grenoble les 28 et 29 mai 2015, j’aurai l'immense plaisir de proposer une communication consacrée à la série animée Les Mondes engloutis.

J'étudierai particulièrement les avatars du mythe de l'éternel retour dans l'ensemble de la série, en m'attachant à montrer comment les contraintes de production ont influencé la marche du récit et la manière dont ces contraintes ont parfois (parfois, pas toujours) été sublimées avec bonheur par les scénaristes et le réalisateur.

Le programme du colloque est en ligne. Mon intervention est prévue le vendredi 29 mai à 11h40 ; en voici le résumé.


Éternel retour : échos, reflets, réitérations dans Les Mondes engloutis

Série de dessins animés pour la jeunesse conçue, écrite, produite par Nina Wolmark et réalisée par Michel Gauthier, Les Mondes engloutis (1984-1986) a marqué la sortie du dessin animé français de l'ère artisanale.

En deux saisons de 26 épisodes, Les Mondes engloutis se distingue, dans le champ de la sérialité, par un traitement original où la tension vers l'avant est sans cesse contrariée par des effets de redite.

Ces effets sont, d'abord, générés par des contraintes de production : pour des raisons de coût, auteurs et réalisateur se voient imposer la réutilisation de personnages, de décors, de plans, voire de séquences complètes. Sous forme de clins d’œil, de comique de répétition ou de retrouvailles avec des lieux et personnages déjà rencontrés, cela génère pour le jeune spectateur un effet de familiarité bienvenu.

Mais plus profondément, ces redites font sens car s’accompagnent d'une conception cyclique de l’Histoire qui se dessine à la fois dans le temps et dans l'espace, des événements identiques ayant lieu à différentes époques à la fois au centre et à la surface de la terre : les jeunes héros rencontrent, dans des mondes souterrains, les alter-ego de personnages historiques du passé qui revivent, au présent, des événements identiques. Mieux : les héros eux-mêmes revivent, en une occasion, des scènes de leur propres aventures passées. Dans cette perspective, il est remarquable qu'un épisode complet soit explicitement inspiré de Nietzche et cite même la notion d'éternel retour, pour en faire un moteur de fiction.

Le docteur Test fait revivre aux héros
des péripéties d'épisodes passés
Bob face à l'inquiétant Zara,
inspiré du Zarathoustra nietschéen

Le paradoxe des Mondes engloutis est que la redite, le retour en arrière, le retour au point de départ à la fin de chaque épisode soulignent et bloquent en même temps la sérialité, dans un récit-cadre qui est condamné à ne pas progresser et qui fait de cette contrainte l'un des thèmes principaux du récit.

La tension vers l'avant qui fait effet de série se bloque ici dans un piétinement, une forme d’esthétique de la déception qu'appuient encore les accents volontiers ésotériques du scénario et qui confère aux Mondes engloutis une tonalité unique pour une série enfantine.

Hervé de La Haye
Images : http://www.dvdanime.net/