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vendredi 1 avril 2022

Les génériques de Goldorak (3) et (4)

Vous pouvez lire ici les premiers épidodes de cette série :
– épisodes 1 et 2 : Les génériques japonais, précédés d'un hommage à Shunsuke Kikuchi.


J'ai pris du retard, j'ai pris du retard… c'est même à ça qu'on me reconnaît. Mais je suis de retour, avec deux nouveaux épisodes de ce feuilleton de longue haleine consacré aux génériques de Goldorak. Après un double épisode inaugural qui portait sur les chansons des génériques japonais, le moment est venu d'attaquer cet Everest que sont les génériques français de Goldorak. C'est un énorme morceau : à ma connaissance, aucune autre série animée n'a connu un nombre aussi élevé de génériques en France.

Les génériques français par Enriqué (1978)
Lorsque Goldorak commence à être diffusé en France en juillet 1978, chaque épisode est encadré par un générique de début et un générique de fin, comme au Japon ; toutefois les génériques japonais connaissent les modifications suivantes :
– à l'image, les titrages japonais disparaissent et ne sont pas traduits ;
– aucun crédit (auteur, réalisateur…) n'est donc visible ;
– les deux chansons originales sont adaptées en français par le parolier Pierre Delanoë et interprétées par le chanteur Enriqué Fort.

Titre de la série tel qu'il apparaît au début du générique japonais, et image correspondante dans le générique français.
 
Crédits dans le générique japonais, et image correspondante dans le générique français.

L'une des conséquences de cette modification, c'est que le titre même de la série n'est jamais à l'image pendant le générique de début. Ce titre apparaît plus tard, au début de l'épisode, sur un écran qui n'existe pas dans la version japonaise (ce qui entraîne son absence des éditions DVD et Blu-Ray y compris sur le sol français). Notons en passant que le titre français complet de la série est Goldorak, le robot de l'espace, qui traduit fidèlement le titre original UFOロボ グレンダイザー (UFO Robo Grendizer, « le robot ovni Grendizer »).
Cet écran, spécifiquement français, servait à accompagner l'annonce, en voix off, du titre de l'épisode.

Goldorak constitue un cas rare, mais pas unique, dans lequel un dessin animé japonais arrive en France en conservant ses chansons de générique japonaises, dont les paroles sont adaptées dans la langue de Molière. Parmi les quelques séries qui ont bénéficié du même traitement, citons :
Candy [pour sa diffusion initiale sur la chaîne Antenne 2],
Sherlock Holmes,
Bioman [pour sa diffusion initiale sur Canal +].

La raison pour laquelle, la plupart du temps, les séries japonaises ayant un générique chanté en japonais sont diffusées, en France, avec une chanson originale composée par un Français est double, et assez terre-à-terre.

Pour enregistrer la version française d'une chanson japonaise tout en conservant la musique, il faut disposer de la bande-orchestre japonaise d'origine, ce qui n'est pas simple : si le studio qui vend la série ne l'a pas prévu dès le départ, faire voyager une bande de la France vers le Japon peut être coûteux long à organiser, tandis que réserver une demi-journée dans un studio d'enregistrement avec quelques musiciens est assez simple. En second lieu, le fait de produire en France une chanson de générique spécifique offre l'intérêt de dégager des bénéfices potentiellement très élevés (le disque d'un générique peut se vendre à plusieur dizaines de milliers d'exemplaire, ou même beaucoup plus) et cela va constituer des droits dérivés dont le distributeur français garde le contrôle. Dans les années quatre-vingt, ce n'est donc pas pour rien que la plupart des productions japonaises importées par I.D.D.H., la société de feu Bruno-René Huchez, sont accompagnées de chansons originales françaises dont l'éditeur musical, Narcisse X4, est une filiale de IDDH.

En outre, chaque épisode diffusé avec ses générique français génère des droits musicaux dont une partie tombent dans l'escarcelle du même éditeur musical. C'est ainsi qu'un certain nombre de séries vont subir un traitement peu enviable, que j'appellerai « huchérisation » (ou « huchezisation » ?), consistant à ajouter de force la chanson originale française (éventuellement, sa version instrumentale) sur certaines séquences des épisodes eux-mêmes. Ainsi dans Capitaine Flam ou dans X-OR, pendant les scènes d'action, les compositions originales sont régulièrement remplacées par la chanson du générique français ou sa version instrumentale. Chaque fois que cela se produit est minutieusement répertoriée et déclarée à la Sacem, et à chaque fois, de l'argent tombe sur le compte des intéressés (compositeur, parolier, éditeur musical). Côté français, tout le monde est content. Côté japonais, on n'y voit que du feu.

Dans Goldorak, les chansons des génériques en français sont effectivement présentes dans le corps même de certains épisodes. Goldorak serait-il alors le premier dessin animé japonais à être huchezisé ? Non. D'abord parce que le distributeur de Goldorak en France était la société Pictural films de Jacques Canestrier, et non IDDH qui n'existe pas encore, et que Huchez n'a pas, pour autant qu'on sache, pesé sur l'adaptation. Ensuite parce que malgré les apparences, Goldorak a échappé à ce traitement : si les chansons en français sont bel et bien présentes dans les épisodes, c'est également le cas dans la version originale avec les chansons japonaises ; le montage sonore n'est donc pas dénaturé.

La première série animée à être huchezérisée est vraisemblablement Capitaine Flam, diffusé à partir de janvier 1981, rapidement suivi par Les Misérables et Bouba le petit ourson, où les chansons sont utilisées jusqu'à plus soif (il faut beaucoup de patience ou être sous tranquilisants pour supporter de voir en version française l'adaptation pourtant habile des Miséables par Toei Animation sans sauter par la fenêtre à chaque fois que la voix de Chantal Goya vient chanter en boucle « Cosette, Cosette, Cosette... »). Mais la série Albator le corsaire de l'espace, dont la totalité des musiques japonaises sont remplacées par des compositions françaises enregistrées à la va-vite, présente un cas extrême du même modèle économique.

Il serait intéressant d'évoquer maintenant la sabanisation et ses différences avec la huchérisation (ou huchezerisation ?), mais je m'éloignerais du sujet !



Accours vers nous, Prince de l'espace
[générique de début]

Paroles : Pierre DELANOË
Musique, orchestration : Shunsuke KIKUCHI
Chant : Enriqué FORT

Le texte

Le texte de cette première chanson s'inspire très librement des paroles écrites par Kogo Hitomi pour le générique japonais et en reprend les grandes lignes : le texte s'adresse au héros, le prince de l'espace, et emploie l'impératif pour formuler un appel au secours, l'exhortant à protéger la Terre ; comme dans le texte japonais, les valeurs à défendre sont la justice et l'amour.

Accours vers nous, prince de l'espace,
Viens vite, viens nous aider
Viens défendre notre Terre
Elle est en danger !

L'ennemi héréditaire
Veut nous écraser
L'avenir du genre humain
Tu l'as dans tes mains

Viens défendre notre Terre
De justice et d'amour
Toi, le chevalier solitaire,
Nous t'appelons au secours

Nous voulons sauver
La liberté
De notre planète
C'est la seule vérité

La musique

La chanson française est enregistrée sur la bande-orchestre originale japonaise. Je vous invite à en lire le commentaire que j'en ai fait ici-même. La bande qui a été utilisée, toutefois, ne comporte pas les choeurs d'enfants présents dans la version japonaise.

La mélodie chantée par Enriqué, elle, reproduit scrupuleusement la mélodie japonaise. Seul le rythme diffère, en un endroit. Dans le premier couplet, la mélodie originale alterne rythmes pointés (mesures 5, 7, 9) et rythme réguliers (mesures 8 et 10, où chaque temps est bien présent). Dans la version française, Enriqué casse ponctuellement cette alternance en pointant le rythme de la mesure 10. Rien de dramatique.

L'image

Au tout début du générique, la société Pictural Films, dirigée par Jacques Canestrier, détentrice des droits d'exploitation de Goldorak sur le sol français, appose sa marque avec l'écran-titre suivant, spécifique aux premières diffusions françaises, et qui mord sur le plan inaugural du générique japonais montrant la nébuleuse bleu turquoise.


Le générique de début dans sa version japonaise comportait peu de correspondances entre le texte et l'image, mais la plus importante est conservée dans cette version française : on peut voir Actarus courir pendant qu'Enriqué chante « accours vers nous, prince de l'espace ». Cela peut sembler anodin mais il est remarquable que le tout début de ce générique appuie ainsi la première apparition du héros.

La version japonaise comportait quelques bruitages, synchronisés avec les images montrant Goldorak en train de détruire un certain nombre d'ennemis. Ces bruitages sont tous absents de la version française, dont la bande-son, uniquement musicale, se détache ainsi de l'image. Il ne subsiste aucun élément de synchronisation entre les deux.

La partition

Comme je l'ai fait pour la version japonaise de la même chanson, je publie ici la partition de sa version française, établie par mes soins. La transcription des parties d'orchestre est un copié-collé de la version japonaise et pour en comprendre le fonctionnement et les partis-pris, je vous invite à lire les commentaires que j'ai écrits à ce sujet.



Va combattre ton ennemi
[générique de fin]

Paroles : Pierre DELANOË
Musique, orchestration : Shunsuke KIKUCHI
Orchestration : Kenichiro MORIOKA
Chant : Enriqué FORT

Le texte

Goldorak ! Goldorak !

Va combattre ton ennemi
Il est moins vaillant que toi
Goldorak, pour notre vie,
Je suis sûr que tu vaincras

Toi, le prince de l’espace
Le champion de la Terre
Tu vas sauver notre race
Nous redonner la lumière

Pour l'amour des oiseaux, des fleurs,
Et pour l'amour des enfants
Tu seras vainqueur
Des géants, des méchants

Goldorak, tu es plus fort
Que les anges de la mort
Goldorak, go !
Goldorak tu es plus fort
Que la mort !

Là où la chanson japonaise commençait avec une sorte de cri d'alerte (UFO ! UFO ! qui signifiait « ovni ! ovni ! »), la version française peine à trouver un équivalent et démarre sur un double « Goldorak ! » hurlé à pleins poumons qui, faute d'avoir le même nombre de syllabes, n'a pas la même brièveté et peine à convaincre.

Ensuite, Pierre Delanoë s'inspire librement des paroles de Uchū no ōja Grendizer écrites par Kogo Hitomi, dont on retrouve des bribes presque à l'identique :
le moment est venu d'apporter la lumière qui devient « tu vas nous redonner la lumière » ;
pour les jeunes pousses vertes de la Terre / juste pour une fleur devient « pour l'amour des oiseaux, des fleurs ».

La tonalité héroïque et optimiste de l'ensemble est poussée un cran plus loin : en japonais, Goldorak risque sa vie ; en français il est annoncé comme « vainqueur ». Le texte s'achève sur une hyperbole efficace dans sa relation avec la coda de la partition, mais discutable sur le fond : non, Goldorak n'est pas « plus fort que la mort », ni dans la chanson japonaise ni dans la réalité du dessin animé lui-même, loin s'en faut ! mais musicalement et dramatiquement, oui, cela fonctionne très bien.

La musique

Comme pour le générique de début, la chanson du générique de fin en français est enregistrée sur la bande-orchestre originale japonaise, que j'ai commentée sur ce même blog. Comme pour le générique de début, les choeurs en sont absents.

Ici, la mélodie chantée par Enriqué Fort comporte quelques différences de détail avec la mélodie originale. Elles sont dues, probablement, à une légère différence de tessiture entre Enriqué (plus à l'aise dans l'aigu) et Isao Sasaki (à l'aise dans les graves). Le générique du début ne descend jusqu'au Do (mes. 4 à 7) et toujours pour des notes brèves (croches), qu'Enriqué sort sans difficulté apparente. (Toujours dans le générique de début, on retrouve un Do grave mes 29, un peu plus long cette fois : deux croches, donc un temps complet ; et c'est un moment où Enriqué produit quelque chose d'un peu curieux, comme une appogiature, et s'abstient de tenir réellement sa note.)

Dans ce générique de fin, cependant, la mélodie originale descend deux fois jusqu'au Si grave pour des tenues longues (blanches) mes 14 et 22 ; et dans ces deux cas, sans doute parce que cette note était trop basse pour lui, Enriqué modifie la ligne mélodique et chante une ligne ascendante qui aboutit sur un Si aigu au lieu du Si grave.

En violet, Enriqué monte jusqu'au Si aigu,
là où la mélodie japonaise descendait au Si grave.

Plus loin, dans le refrain en Si majeur, la mélodie comporte quelques Do dièse dans le grave (mes 24, 27 et 29) qu'il sort sans difficulté.

Dans quelques cas, Enriqué modifie légèrement le rythme : aux mesures 11 et 12 où la mélodie d’origine enchaînait les noires, Enriqué introduit des croches (mes 12) qui créent un accent décalé. Et mesure 17, un groupe croche-noire-croche devient un beau triolet de noires (vous le saurez : j'aime vraiment beaucoup les triolets de noires).

[Ajout du 2 avril 2022.]
À la demande générale, voici le fameux triolet de noires de la mesure 17 (sur « le cham-pion »), spécifique à la version française et qui me met en extase :

L'image

Le texte français s'est un peu éloigné du texte japonais, les correspondances texte/image qui l'on pouvait relever dans les génériques japonais sont donc estompées. Reste l'apparition à l'écran d'une fleur au moment de « pour l'amour des oiseaux, des fleurs ».

À l'issue du générique de fin, un écran est ajouté qui donne les crédits musicaux français, sans que l'on sache vraiment quelle chanson s'intitule « Goldorak » (générique de début, générique de fin ?). Aujourd'hui, pour les distinguer, il est convenu d'appeler chacune des deux chansons par son premier vers.


La partition

Comme je l'ai fait pour la version japonaise de la même chanson, voici la partition de sa version française, établie par mes soins. La transcription des parties d'orchestre est un copié-collé de la version japonaise et pour en comprendre le fonctionnement et les partis-pris, je vous invite à lire les commentaires que j'ai écrits à ce sujet.

Comme toujours, n'hésitez pas à me signaler les éventuelles erreurs.






Génériques de début et de fin (1978) par Enriqué

Assez vite, après la diffusion d'une quinzaine d'épisodes, les paroles du générique de fin suscitent un tollé à cause du quatrain suivant :
Toi, le prince de l’espace
Le champion de la Terre
Tu vas sauver notre race
Nous redonner la lumière
Dans la langue française, depuis la seconde guerre mondiale (et depuis que la génétique a mis en évidence que l'espèce humaine est une, et se divise pas en plusieurs races) le mot « race » est devenu tabou. Goldorak suscitait l'inquiétude, à cause de sa violence supposée et de son origine japonaise… il n'en faut pas plus pour que le robot géant soit présenté comme raciste et (point Godwin atteint) comme nazi.

Pour Antenne 2, il n'est pas question de déprogrammer une série qui rencontre un succès pareil, mais il faut une solution rapide. Lorsque l'épisode 18 est diffusé, le 28 août 1978, on entend pour la dernière fois le générique de début tandis que le générique de fin, à l'origine du problème, est escamoté. Les deux chansons interprétées par Enriqué sont éliminées et remplacées par une nouvelle chanson enregistrée dans l'urgence par l'audacieux producteur Haïm Saban. La musique de Kikuchi et ses accents héroïques, sinon guerriers (cuivres, percussions), passe à la trappe et laisse place à une composition originale de Pascal Auriat nettement plus paisible. Ce nouveau générique, portée par la voix du jeune Noam Kaniel, est utilisé à partir de l'épisode 19, le 31 août 1978.

L'enregistrement de la VF avait évidemment de l'avance sur le rythme de diffusion. Dans le corps même des épisodes, on continue donc de trouver les chansons d'Enriqué jusqu'à l'épisode 24, avec une ultime apparition à la fin de l'épisode 30. Par la suite, lorsque la version japonaise utilise une chanson, c'est en général sa version instrumentale qui sera utilisée pour la VF.

Les deux génériques chantés par Enriqué, retirés de l'antenne après quelques semaines, n'ont pas connu les honneurs du disque et plus de quarante ans plus tard, ils demeurent inédits.

À suivre…

Pour tout savoir sur le générique version Noam, je vous donne rendez-vous à l'épisode 5 !


Discographie

En 2001, Olivier Fallaix, qui anime le jeune label Loga-Rythme, aimerait créer l'événement en sortant, enfin, un disque qui proposerait les deux génériques mythiques de 1978. Malheureusement, les bandes master semblent introuvables. Il a alors l'idée de proposer à Enriqué Fort de réenregistrer ces chansons. Ce dernier accepte et cela donne lieu à un CD deux titres que je mentionne pour mémoire.

Initiative louable, belle idée sur le papier, ce nouvel enregistrement souffre de deux défauts. D'une part, l'interprétation vocale d'Enriqué est assez éloignée de cette qu'il avait donnée plus de vingt ans plus tôt. D'autre part, faute de disposer de la bande orchestre japonaise originale, ou faute d'avoir acheté le droit de l'utiliser, Loga-Rythme en produit un ré-enregistrement qui n'a pas la même couleur. L'orchestration originale est respectée, mais en partie confiée à des instruments synthétiques qui n'approchent pas la puissance sonore de l'enregistrement original.

Pour les besoins du disque, les chansons sont présentées ici dans une version longue, avec des couplets français supplémentaires dont les paroles sont dues à Olivier Fallaix, qui n'est pas crédité sur la pochette.


 
Goldorak (les chansons inédites de la série TV)
Réf. : LR-501
 
Sur ce CD 2 titres paru en 2001, les deux génériques d'Enriqué ont enfin les honneurs du disque… mais il ne s'agit pas des versions originales de 1978.

Version produite par Yves Huchez pour Loga-Rythme.
Orchestration : Tony Rallo.

© Hervé Lesage de La Haye, mars 2022.

mardi 27 avril 2021

Les génériques de Goldorak (1) et (2)

 
À la mémoire de Shunsuke Kikuchi (1931-2021).



[Ajout du 29 avril 2021.]
Le 24 avril 2021, l'immense Shunsuke KIKUCHI est mort à l'âge de 89 ans, mais la nouvelle n'a été rendue publique que quatre jours plus tard. Dans la nuit du 26 au 27 avril, alors que je mettais la dernière main à l'article qui va suivre, puis que je le publiais en ligne, j'ignorais donc que le maître n'était plus et que l'hommage que je rendais à son travail serait posthume.

Très simplement, je veux glisser ici quelques mots en son honneur et bien sûr, j'ajoute humblement une dédicace à son nom.
Shunsuke Kikuchi (1931-2021)
Kikuchi était un géant.

Plus d'une fois, les musiques qu'il a composées ont su porter très haut la puissance dramatique de dessins animés que l'animation seule n'aurait pas toujours suffi à porter bien loin…

Il a œuvré, en effet, pour cet âge d'or de l'animation japonaise qui, entrée dans l'ère industrielle, mettait en place des modes de production destinés à faire de la série animée télévisée un secteur rentable, quitte à le faire au dépens de l'animation elle-même — du moins si l'on se borne à l'évaluer selon des critères purement techniques (diminution du nombre d'images par seconde, réutilisation de plans, recours à l'animation par cycles, recours fréquent à l'arrêt sur image, etc.). L'animation limitée à la japonaise n'a pas empêché son succès et il faut prendre le temps d'en comprendre les raisons.

Je suis personnellement convaincu que parmi les plus grands artisans de ce succès se trouvent les compositeurs. Je pense que très tôt, les grands studios japonais (Toei animation, TMS et leurs concurrents) ont compris combien il était important de s'attacher les services des meilleurs musiciens pour le petit écran, parce que sur un plan strictement comptable, il est beaucoup moins onéreux de payer un très bon compositeur et quelques jours d'enregistrement avec un orchestre que de faire travailler à plein temps des centaines de dessinateurs pendant des mois. Et Shunsuke Kikuchi fait partie, avec Kentarō Haneda (1949-2007) et Takeo Watanabe (1933-1989) de ceux qui étaient capables d'ajouter une plus-value immense aux séries qu'ils mettaient en musique. Il a eu la chance de travailler au service de réalisateurs talentueux qui savaient exactement comment, par l'art du montage, les noces alchimiques de l'image et de la musique pouvaient transformer la matière brute en or. Alors le gag le plus éculé fait rire, la séquence de combat déjà vue mille fois vous cloue au fond de votre siège, le plan fixe le plus anodin sur un visage immobile vous tire des larmes.

En France, Goldorak est la série qui a permis aux spectateurs, pour la première fois, d'entendre la musique de Shunsuke Kikuchi. Je suis heureux et ému de pouvoir vous en parler, un peu, aujourd'hui, et surtout, de parler de ses partitions et de les montrer. J'ai également ajouté, en fin d'article, une petite sélection discographique.


Est-il nécessaire de présenter Goldorak ? Série animée japonaise en 74 épisodes réalisée sous la direction de Tomoharu Katsumata d'après des personnages de Gō Nagai et produite par Toei Animation, UFOロボ グレンダイザー (littéralement : UFO Robo Grendizer, c'est-à-dire « le robot ovni Grendizer ») est diffusé en France à partir de 1978 sous le titre Goldorak (l'écran-titre français indique Goldorak, le robot de l'espace, qui restitue assez fidèlement le titre original). Le succès immédiat et considérable de la série ainsi que les controverses qui l'accompagnent vont contribuer à façonner durablement le paysage audiovisuel français ainsi que les débats qui l'animent.
Témoins de ce succès hors-norme, un nombre impressionnant de diffusions (cinq en l'espace de dix ans) mais aussi l'enregistrement successif de nombreuses chansons destinées à accompagner les génériques (huit chansons en dix ans). Il faudrait consacrer un article complet aux nombreux disques dédiés à Goldorak qui ont été commercialisés en France à cette époque. Modestement, je me contenterai de parler des chansons elles-mêmes.

Mais ai-je quelque chose de nouveau à proposer qui n'ait pas encore été dit ou écrit à propos des génériques de Goldorak ?

En France, les chansons de génériques de dessins animés de la période 1978-1988 font l'objet, depuis la fin des années quatre-vingt-dix, d'un véritable culte. Ce culte a ses prophètes, ses apôtres, ses prêtres, ses écrits (des livres, des disques), ses prêches (des vidéos sur Youtube, des podcasts), ses cérémonies (des concerts) et bien sûr, ses fans. Comme c'est souvent le cas dans les domaines de la para-culture ou de la culture geek, les plus grand érudits (Olivier Fallaix, Archangel Eddy Chantel) en matière de génériques sont avant tout de grands collectionneurs. Il me semble toutefois remarquable de constater que ce culte consacré aux génériques (et pour être précis, aux chansons de génériques) peut donner lieu à d'innombrables échanges, discussions, commentaires mais que l'immense majorité de cette glose, consacrée à l'histoire des enregistrements, aux interprètes, à la discographie, ne se risque presque jamais à évoquer les aspects strictement musicaux de ce domaine. Est-il donc possible, comme l'ont fait Rui Pascoal et Olivier Fallaix en 2019, de consacrer un livre entier aux génériques sans jamais parler de musique ni présenter une seule page de partition ? Apparemment.

Soit ! Loin dénigrer tout ce qui précède, j'en conclus que oui, il reste des choses à dire sur les chansons de Goldorak. Sans entrer dans l'érudition discographique, je tâcherai de décrire avec précision les différents génériques japonais et français tels qu'ils furent utilisés et donc, en me concentrant non sur les versions longues qui ont été exploitées au disque, mais sur les versions télévisées (parfois différentes). Sans m'égarer dans le commentaire musicologique (contrairement à ce que j'ai pu lire un jour sur Twitter, je ne suis pas musicologue !), je donnerai pour ces différentes chansons, outre leur texte, un aperçu de leur écriture musicale et de leur orchestration. Et pour chacun d'entre eux, je donnerai une partition complète sur trois ou quatre portées (chant + accompagnement).

Nous voilà partis pour un marathon en dix épisodes consacré à l'intégralité des chansons des génériques de Goldorak ! Aujourd'hui, épisode double : les génériques originaux japonais.

Les génériques japonais
Chaque épisode de Goldorak commence par un générique d'ouverture (durée 1'10) et se termine par un générique de fin (1'10 également). Les deux sont chantés et interprétés par Isao SASAKI. Shunsuke KIKUCHI, compositeur des musiques de la série, signe également celle des génériques. Curieusement, il orchestre seul le générique de début mais l'orchestration du générique de fin est confiée à Kenichiro MORIOKA.

Ces deux chansons d'une durée identique sont bâties sur un modèle assez proche :
– même longueur (42 mesures) et même tempo, rapide (150 à la noire),
– quelques mesures d'introduction et un couplet, en mineur,
– un refrain dans la tonalité majeure homonyme,
– une conclusion fracassante.

Les deux chansons sont exécutées par un effectif important qui rassemble la plupart des pupitres que l'on entendra dans la musique de la série elle-même : cordes, cuivres, percussions, basse, batterie, guitares.

Dans les grandes lignes, l'écriture est toute simple, résolument tonale, et repose essentiellement sur la mélodie. Mais l'orchestration est redoutable : cuivres et percussions se chargent de donner au chant un contrepoint façon fanfare, ce qui souligne les accents guerriers du texte. Alors que la mélodie chantée s'appuie principalement sur les temps forts, les cuivres jouent des rythmes brisés, façon jazz, avec force syncopes et croches décalées.

Tobe! Grendizer, mesure 12 Uchū no ōja Grendizer, mesure 28
Ci-dessus, deux exemples de croches décalées jouées par les cuivres dans les deux chansons.

Dans le second exemple, ce motif vient se superposer sur une basse syncopée elle aussi, produisant un décalage supplémentaire : un quart de temps seulement (soit la valeur d'une double-croche) sépare le si aigu joué par la basse du si joué par les trompettes, et un quart de temps sépare ensuite le si des trompettes de celui que jouent les cordes (le seul à être posé sur un temps fort).

Voici le texte japonais des deux chansons, ainsi que sa traduction. Ne lisant pas le japonais, je me suis appuyé sur les traductions proposées par Céline Epalle dans son intéressant mémoire de master intitulé Diffusion et réception du manga en France : l'exemple de Goldorak, de 1978 à nos jours (2017). J'ai corrigé quelques erreurs manifestes et tenté d'affiner le tout, grâce à l'aide précieuse de Gilles Broche, que je remercie.



とべ!グレンダイザー
Tobe! Grendizer

[générique de début]

Paroles : Kogo HITOMI
Musique, orchestration : Shunsuke KIKUCHI
Chant : Isao SASAKI
avec le chœur Columbia Yurikago-Kai

Le texte

Le titre de cette première chanson est tiré de son premier couplet : Tobe, tobe Grendizer signifie « vole, vole, Goldorak ».

ゆけゆけ デュークフリード
とべとべ グレンダイザー
Va, va, prince d'Euphor,
Vole, vole Goldorak !
大地と 海と 青空と
友と誓った この平和
守りもかたく たちあがれ
Lève-toi pour protéger
La paix comme tu l'as promis
À la terre, la mer et au ciel bleu.
地球はこんなに 小さいけれど
正義と愛とで 輝く星だ
守れ 守れ 守れ
人間の星 みんなの地球
   
   
La Terre est si petite, mais
Grâce à l'amour et à la justice, c'est une étoile brillante
Protège-la, protège-la, protège-la,
L'étoile des hommes, notre planète à tous !

   (d'après la traduction de Céline Epalle)

La musique

Avec « Tobe! Grendizer », je me demande si l'on ne tient pas, musicalement, le plus marquant de tous les génériques de Goldorak. C'est, en tout cas, le plus spectaculaire. Après une introduction fracassante en fa mineur qui annonce le thème, le couplet démarre dans la même tonalité, accompagné par un orchestre discret au tout début mais dont les interventions vont s'amplifier. La manière dont les doubles-croches des violons, puis les envolées de trompettes, viennent s'enrouler autour du chant, le tout soutenu par une rythmique infernale, est terriblement efficace : c'est une chevauchée à bride abattue.

Le couplet (« et au ciel bleu ») se ferme sur un rapide changement de tonalité par juxtaposition (deux accords de fa successifs, fa mineur puis fa majeur) qui permet l'arrivée du refrain, dans la tonalité homonyme majeure. Si l'on ajoute à cela l'entrée d'un chœur d'enfants qui vient doubler la mélodie, force est de constater que le kitsch n'est pas loin… mais les choses vont vite et arrive déjà la coda, en fa mineur de nouveau ; je reste stupéfait par la puissance dramatique de cet accord de sol bémol majeur martelé huit fois de suite ! Et le générique s'arrête, par la magie d'une tierce picarde, sur un accord majeur posé de façon abrupte non sur un premier mais sur un troisième temps.

Cet accord répété huit fois peu avant l'accord final est une sixte napolitaine.
Une cadence similaire sert de transition entre couplet et refrain (mes. 18 à 20).

Comme beaucoup d'autres compositeurs japonais pour le dessin animé, Shunsuke Kikuchi ose tout, c'est même à cela qu'on reconnaît son talent.

L'image

Dans le générique tel qu'il est monté, le rapport image/son est distant et seuls les premiers plans font directement écho aux paroles de la chanson :
– Actarus qui court sur « Va, va, va, prince d'Euphor »,
– première apparition de Goldorak sur « Vole, vole Goldorak ! ».

Ensuite, pour l'essentiel, le générique présente des séquences montrant Goldorak en train de détruire un à un toutes sortes d'ennemis. Il s'agit de dire au spectateur ce que sera la série, ou du moins de formuler une promesse. Dans la bande-son, quelques bruitages assez agressifs, principalement dans l'aigu, viennent se superposer à la musique. Avec ce générique de début, image et son annoncent nettement la couleur : Goldorak sera une série d'action riche en combats, en coups de laser, en explosions.

Pour ceux qui ne l'auraient encore jamais vu, voici donc ce générique de début japonais.


Générique de début japonais


La partition

Je vous propose la partition de cette première chanson, établie par mes soins. La partie chantée est notée avec une translittération du texte japonais en alphabet latin. Pour les parties instrumentales, j'ai fait le choix d'une transcription/réduction sur deux portées. Ce n'est pas exactement une réduction pour piano : il s'agit plutôt d'une version ramassée et aussi lisible que possible de tout l'orchestre (violons, cors, trompettes, timbale, basse). La portée inférieure reproduit fidèlement la ligne de basse, avec l'ajout de quelques interventions des timbales. La portée supérieure concentre, sous forme simplifiée, les cordes et les cuivres. Ainsi, les pianistes et et claviéristes pourront sans peine produire leur propre version ; les curieux pourront jouer à analyser l'écriture musicale ; et les orchestrateurs en herbe, qui souhaiteraient adapter la musique pour un ensemble de musiciens quel qu'en soit l'effectif, auront une base de travail qui me semble solide.

En voulant reproduire avec fidélité les différentes parties sur la même portée, j'ai parfois créée des enchevêtrements qui peuvent rendre la lecture inconfortable… vous voudrez bien m'en excuser. J'ai fait au mieux, et ce n'est sans doute pas parfait. J'ai la faiblesse de penser que rien d'aussi précis n'avait été diffusé jusqu'à présent.

Et si vous repérez des éventuelles erreurs, vous serez assez aimables pour me les signaler !



 
宇宙の王者グレンダイザー
Uchū no ōja Grendizer

[générique de fin]

Paroles : Kogo HITOMI
Musique : Shunsuke KIKUCHI
Orchestration : Kenichiro MORIOKA
Chant : Isao SASAKI
avec le chœur Kōrogi' 73

Le texte

Le titre de cette chanson est, en fait, son dernier vers. Uchū no ōja Grendizer peut se traduire par « Goldorak, le héros de l'espace » mais également par « Goldorak, le roi de l'univers ».

(UFO UFO)
切り裂け怒りの ダブルハーケン
たたかえ グレンダイザー
もう許せない
(OVNI ! OVNI !)
À la fureur de ton astéro-hache,
Bats-toi, Goldorak,
Sois sans merci !
果てない暗さの 宇宙空間
今こそ グレンダイザー
光をともせ
Dans l'obscurité infinie de l'espace,
Le moment est venu, Goldorak,
D'apporter la lumière.
地球の緑の 若葉のために
ただ一輪の 花のために
デュークフリードは 命をかける
(グレンダイザー ゴー!)
宇宙の王者 グレンダイザー
   
   
Pour les jeunes pousses vertes de la Terre,
Juste pour une fleur,
Le prince d'Euphor risque sa vie
(Goldorak go !)
Le héros de l'espace, Goldorak !

   (d'après la traduction de Céline Epalle)

La musique

Hormis que l'on est en tonalité de si (et non en fa), dans sa structure, ce générique de fin ressemble considérablement à son alter-ego. Introduction puis couplet en si mineur donc, même tempo (noire à 150), mélodie qui s'appuie sur les temps forts, avec les cuivres en contrepoint, sur des rythmes décalés. La musique appuie les accents dramatiques du texte qui évoque la « fureur » (ou la rage) et « l'obscurité infinie ». Il suffit d'un mot (« lumière ») pour renverser la couleur et passer immédiatement en tonalité de si majeur, pour le refrain qui évoque les « jeunes pousses », les « fleurs », accompagné par une polyphonie de voix d'hommes… jusqu'à une fin brève, avec un très léger ritenuto qui conduit à l'accord final (si majeur). Ouf !

Un détail pittoresque parmi d'autres : comme pour affirmer assez vite que tous les coups sont permis, l'orchestrateur assume les accents déplacés avec un énorme coup de timbale venu presque n'importe où (un si, qui tombe un demi-temps après la basse qui pose la même note) :
Uchū no ōja Grendizer, mesure 8

L'image

Ici, la correspondance entre image et son est plus étudiée que dans le générique de début et ne s'interdit pas quelques redondances :
– plans sur Goldorak en vol et ses armes pour l'introduction et le couplet en mineur,
– astéro-hache à l'écran au moment où le mot est prononcé (en japonais ダブルハーケン = « double harken »),
– joie d'Actarus sur la Terre lorsque l'on passe en majeur et qu'entrent les chœurs,
– apparition d'une fleur sur « juste pour une fleur »,
– apparition du double visage d'Actarus sur « le prince d'Euphor risque sa vie ».
Contrairement au générique de début, la bande-son du générique de fin utilise la chanson telle quelle, sans ajout de bruitages.


Générique de fin japonais

La partition

Comme pour le générique précédent, je propose aux plus musiciens d'entre vous la transcription complète de « Uchū no ōja Grendizer » dans sa version TV, sur quatre portées cette fois. Le chant est reproduit tel quel, avec la translittération des paroles japonaises en alphabet latin. Les parties d'orchestre (cordes, cuivres, percussions) sont réduites sur une double portée de piano, sur laquelle figure la ligne de basse en portée inférieure, et en portée supérieure toute l'harmonie et les principales lignes et fioritures. Et s'ajoute tout en haut une quatrième portée avec la transcription des chœurs d'hommes.

Là aussi, n'hésitez pas à me signaler les éventuelles erreurs.


À suivre…

Dans les prochains épisodes de cette série, nous parlerons des génériques français chantés par Enriqué, Noam, les Goldies, Lionel Leroy, Bernard Minet… avec bien sûr la totalité des partitions !


Discographie

[Section mise à jour le 29 avril 2021.]
Au Japon, les chansons « Tobe! Grendizer » et « Uchū no ōja Grendizer » ont été exploitées commercialement à plusieurs reprises, soit dans la version du générique de la série (dite « version TV »), soit dans une version longue comprenant pour chacune un couplet et un refrain supplémentaires.


 
UFOロボ グレンダイザー
Réf. : Columbia SCS-270
 
Sur ce disque 45 tours paru en octobre 1975, les deux chansons sont présentées dans leur version longue.

 
菊池俊輔作品集
Réf. : Columbia CS-7122-3
 
Paru en 1979, ce double album vinyle 33 tours est une anthologie consacrée aux bandes originales de quatre séries animées mises en musique par Shunsuke Kikuchi : Tiger Mask, Casshern, Getter Robo et Goldorak. On y trouve les deux chansons du générique dans leur version TV.
 
Réédité sous forme d'un double CD en 1991.
(Réf. : Columbia COCC-7239-40)

 
UFOロボ グレンダイザー
Réf. : Columbia CX-7099
 
Paru en juin 1983, cet album présente une belle sélection des musiques de Goldorak. On y retrouve les deux chansons dans leur version TV.
 
Cet album est réédité au format CD en septembre 2004. Ce disque constitue une excellente introduction à la musique de Shunsuke Kikuchi.
(Réf. : Columbia COCC-72072)
UFOロボ グレンダイザー
Eternal Edition File No. 7 & 8

Réf. : Columbia COCX-32101 -2
 
Paru en mars 2003, ce double-CD rassemble l'essentiel des musiques de la série Goldorak, ainsi que les deux chansons du générique (en version longue chantée et version longue instrumentale).

 
UFOロボ グレンダイザー & Others
Eternal Edition File No. 9 & 10

Réf. : Columbia COCX-32228 -9
 
Paru en mai 2003, ce second double-CD complète le précédent, avec quelques musiques supplémentaires ; on y retrouve les deux chansons dans leur version TV.

Références

J'ai emprunté à Simon Bréan l'idée des érudits-collectionneurs (même si le générique de dessin animé cherche encore son Pierre Versins…) :
Simon Bréan, « Les érudits de la science-fiction en France, une tradition critique endogène », ReS Futurae [En ligne], 1 | 2012.
https://journals.openedition.org/resf/131

Et puisque je l'ai cité, voici les références du mémoire de Céline Epalle :
Céline Epalle, Diffusion et réception du manga en France : l'exemple de Goldorak, de 1978 à nos jours, 2017.
https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/notices/67857-diffusion-et-reception-du-manga-en-france-l-exemple-de-goldorak-de-1978-a-nos-jours


Merci à Gilles Broche, fin connaisseur de Goldorak et appui indispensable.
Merci à François Vey et Julien de La Haye pour leur relecture attentive de la partition de « Tobe! Grendizer » et leurs précieux conseils. C'est à chaque fois un plaisir d'échanger avec eux qui savent l'un comme l'autre conjuguer pragmatisme et érudition.

© Hervé Lesage de La Haye, avril 2021.