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lundi 26 août 2019

Atlantide !

Dans le cadre de la belle exposition « Scientifiction, Blake et Mortimer au musée des Arts et Métiers », j'ai l'honneur d'être invité à donner une conférence le 13 septembre prochain.

Il sera question de Blake et Mortimer et de l'album L'Énigme de l'Atlantide, bien sûr, mais aussi de Platon, et de trois dessins animés qui ont donné une lecture particulière du mythe de l'Atlantide : Il était une fois… l'espace, Les Mystérieuses cités d'or et Les Mondes engloutis.

L'entrée est gratuite, mais la réservation conseillée :
https://www.arts-et-metiers.net/musee/latlantide  
 
Hervé de La Haye
 

 
Conférences et débats - Scientifiction, Blake et Mortimer au musée des Arts et Métiers
L'Atlantide
Vendredi 13 septembre de 19h à 20h30
Amphi Abbé Grégoire
Accès 60 rue Réaumur, Paris 3e

jeudi 15 mars 2018

« Résumer Tolkien » ou Le Hobbit à Roanne

En 1972, le Monty Python Flying Circus diffusait le sketch The ”Summarize Proust Competition“ (« Résumer Proust »)…


En 1966, Gene Deitch, réalisateur de dessins animés, principalement de cartoons, s'est vu confier un projet relevant de la gageure : adapter The Hobbit de J.R.R. Tolkien en un court-métrage de 12 minutes maximum, et de le faire en quelques semaines. Ce qui fut fait.

Remarquable à plus d'un titre, par ses partis-pris esthétiques et techniques, par ses choix d'adaptation radicaux, The Hobbit, production américaine réalisée à Prague, est aussi la seule adaptation à l'écran d'une œuvre de Tolkien menée à bien du vivant de l'auteur. Tolkien, toutefois, n'a jamais vu le film, qui fut projeté brièvement à New York, puis jeté aux oubliettes pendant 45 ans.

Invisible depuis, The Hobbit a refait surface sur Internet en 2012.


Le vendredi 23 mars 2018 à Roanne, dans le cadre du colloque Au milieu de l'image coulent les textes consacré à l'adaptation littéraire en court-métrage animé, je reviendrai en détail sur l'histoire étonnante, encore en partie obscure, de ce Hobbit longtemps oublié.

Et si tout se passe bien, un article devrait suivre !

mercredi 22 avril 2015

À Grenoble, les Mondes engloutis

Dans le cadre du colloque Imaginaire sériel, qui se tiendra à Grenoble les 28 et 29 mai 2015, j’aurai l'immense plaisir de proposer une communication consacrée à la série animée Les Mondes engloutis.

J'étudierai particulièrement les avatars du mythe de l'éternel retour dans l'ensemble de la série, en m'attachant à montrer comment les contraintes de production ont influencé la marche du récit et la manière dont ces contraintes ont parfois (parfois, pas toujours) été sublimées avec bonheur par les scénaristes et le réalisateur.

Le programme du colloque est en ligne. Mon intervention est prévue le vendredi 29 mai à 11h40 ; en voici le résumé.


Éternel retour : échos, reflets, réitérations dans Les Mondes engloutis

Série de dessins animés pour la jeunesse conçue, écrite, produite par Nina Wolmark et réalisée par Michel Gauthier, Les Mondes engloutis (1984-1986) a marqué la sortie du dessin animé français de l'ère artisanale.

En deux saisons de 26 épisodes, Les Mondes engloutis se distingue, dans le champ de la sérialité, par un traitement original où la tension vers l'avant est sans cesse contrariée par des effets de redite.

Ces effets sont, d'abord, générés par des contraintes de production : pour des raisons de coût, auteurs et réalisateur se voient imposer la réutilisation de personnages, de décors, de plans, voire de séquences complètes. Sous forme de clins d’œil, de comique de répétition ou de retrouvailles avec des lieux et personnages déjà rencontrés, cela génère pour le jeune spectateur un effet de familiarité bienvenu.

Mais plus profondément, ces redites font sens car s’accompagnent d'une conception cyclique de l’Histoire qui se dessine à la fois dans le temps et dans l'espace, des événements identiques ayant lieu à différentes époques à la fois au centre et à la surface de la terre : les jeunes héros rencontrent, dans des mondes souterrains, les alter-ego de personnages historiques du passé qui revivent, au présent, des événements identiques. Mieux : les héros eux-mêmes revivent, en une occasion, des scènes de leur propres aventures passées. Dans cette perspective, il est remarquable qu'un épisode complet soit explicitement inspiré de Nietzche et cite même la notion d'éternel retour, pour en faire un moteur de fiction.

Le docteur Test fait revivre aux héros
des péripéties d'épisodes passés
Bob face à l'inquiétant Zara,
inspiré du Zarathoustra nietschéen

Le paradoxe des Mondes engloutis est que la redite, le retour en arrière, le retour au point de départ à la fin de chaque épisode soulignent et bloquent en même temps la sérialité, dans un récit-cadre qui est condamné à ne pas progresser et qui fait de cette contrainte l'un des thèmes principaux du récit.

La tension vers l'avant qui fait effet de série se bloque ici dans un piétinement, une forme d’esthétique de la déception qu'appuient encore les accents volontiers ésotériques du scénario et qui confère aux Mondes engloutis une tonalité unique pour une série enfantine.

Hervé de La Haye
Images : http://www.dvdanime.net/

lundi 21 juillet 2014

Publication : Ulysse dans l'espace - Recomposition des mythes grecs dans Ulysse 31

J'ai reçu avant-hier soir un exemplaire du livre L'Antiquité dans l'imaginaire contemporain : fantasy, science-fiction, fantastique, paru le 8 juillet et dans lequel on peut trouver mon article « Ulysse dans l'espace - Recomposition des mythes grecs dans Ulysse 31 » (références bibliographiques complètes en fin d'article).

Ce livre rassemble les actes du colloque l'antiquité gréco-latine aux sources de l'imaginaire contemporain qui s'est tenu à Rouen et Paris les 7, 8 et 9 juin 2012, et auquel j'avais eu l'honneur de participer.

À l'époque, un compte-rendu de ce colloque avait paru sur le blog Les plumes asthmatiques, que je cite avec d'autant moins de scrupules que j'ai découvert seulement un an plus tard que mon intervention avait eu l'heur de retenir l'attention du chroniqueur.
L'après-midi, deux communications nous ont particulièrement réjouis : celles d'Hervé de La Haye et d'Isabelle Casta.

Le premier s'intéressait à un dessin animé qui a fait le bonheur de nombreux enfants : Ulysse 31. Cette série télévisée, créée par Nina Wolmark et Jean Chalopin en 1981, est un cas rare de dessin animé pour la jeunesse proposant de véritables intrigues de science-fiction et présentant une expérience paradoxale de réutilisation des mythes grecs. À travers 26 épisodes, cette co-production franco-japonaise ne s'est pas contentée d'actualiser l'Odyssée d'Homère dans le lointain futur mais elle a proposé des aventures tirées d’autres mythes (Ulysse rencontre alors Sisyphe ou Orphée, se bat contre le Minotaure, etc.), soulignant « la force inentamée de ces schémas venus de l’Antiquité et offerts aux jeunes spectateurs d’aujourd’hui ». Ulysse, accompagné de son fils Télémaque, devient l'aède qui se charge de mimer au spectateur des années 80 et 90 les mythes d'hier dans un futur où la mythologie a été oubliée, effacée de la mémoire collective. Hervé de La Haye a donc démontré que l'enjeu d'Ulysse 31 n'était donc pas « la fidélité au texte d'Homère mais la restitution, dans un univers qui est le leur, de récits et personnages mythiques, avec toute leur force, sous quelque forme que ce soit — ici, une épopée de science-fiction ».

L'article présent dans le livre reprend donc, sous une forme que j'espère améliorée, ce qu'avait été ma contribution à ce colloque ; en voici, en français et en anglais, un résumé.
Série animée pour la jeunesse, Ulysse 31 se donne comme transposition de l’Odyssée dans un futur de science-fiction. Sans didactisme, mais posant régulièrement la question de la transmission, la série offre la synthèse de toute une mémoire culturelle dont la recomposition est l’un de ses principaux enjeux.

Ulysses 31, an animated series for children, presents itself as a transposition of Homer's Odyssey into a science-fictional future. Without being too didactic, the series still manages to cleverly transmit and synthesize the cultural memory it aims to recompose.

Pour en dire peut-être un peu plus, voire, pourquoi pas ?, vous donner envie de lire cet article, voici, dans le style télégraphique, quelques précisions sur ce qu'il contient et propose :

I. — Lecture d'Ulysse 31 comme adaptation de l'Odyssée pour le jeune public. Importance des scènes familiales. Comment Ulysse devient père et mentor.
— Éléments d'attraction. Comment on invente Nono le petit robot. Le personnage de Thémis.
II. — Contraintes ayant pesé sur cette adaptation. Contraintes techniques et financières. Droit de regard de l'industrie du jouet.
— De l'épopée à la tragédie. Comment les contraintes du médium font glisser d'un genre à l'autre.
— Captain Ulysse : Ulysse 31, saga de science-fiction de son temps. L'Ulysse du futur ne connaît pas la mythologie. Au secours des personnages d'Homère.

Je termine ce billet en livrant quelques-uns des photogrammes que j'avais choisis pour illustrer mon propos, en 2012, et qui ne sont pas reproduits dans sa version imprimée. Et vous remercie de votre attention.

Hervé de La Haye

Ulysse et les enfants prennent le thé Ulysse délivre la morale de l'épisode Nono le petit robot Thémis
Les compagnons Ouverture de l'épisode pilote Ulysse face au Sphynx Télémaque et son double homérique


L'Antiquité dans l'imaginaire contemporain - Fantasy, science-fiction, fantastique, sous la direction de Mélanie Bost-Fievet et Sandra Provini, Classiques Garnier, coll. « Rencontres », 2014.
ISBN 978-2-8124-2993-4

samedi 28 juillet 2012

Publication : les intermèdes musicaux dans Les Mondes engloutis


C’est avec un peu de retard que j’ai appris la parution, au printemps 2012, de mon tout premier article, intitulé « Les Intermèdes musicaux dans Les Mondes engloutis ».

On peut le trouver dans le numéro spécial de la revue universitaire Inter-lignes qui contient les actes du colloque Le dessin animé ou les métamorphoses du réel, auquel j’avais participé en avril 2011.

Voici, en trois langues, le résumé de cet article.
Série de dessins animés pour la jeunesse conçue par Nina Wolmark, Les Mondes engloutis se distingue notamment par l’emploi d’intermèdes musicaux récurrents, qui remplissent des fonctions narratives importantes. Leur apparition souligne l’originalité graphique et scénaristique de la série, aventure de science-fiction où sont importés des personnages de cartoon, qui incarnent une satire du monde contemporain.
Spartakus and the Sun Beneath the Sea is a French animated series created by Nina Wolmark. It is made particularly original by the presence of recurring musical interludes with important narrative functions. Their appearance underlines the innovative writing and the graphic originality of the series, which mixes science fiction adventures with satirical cartoon characters alluding to the contemporary world.
Serie de dibujos animados para la juventud y concebida por Nina Wolmark, Espartaco y el sol bajo el mar se distingue sobre todo por el empleo de intermedios musicales recurrentes, que tienen funciones narrativas importantes. Su apparición subraya la originalidad gráfica y del guión de la serie, aventura de ciencia ficción en la que intervienen personajes de cartoon, quienes encarnan una sátira del mundo contemporaneo.

Hervé de La Haye